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Les Larmes de Vin

Dégustation de vieux millésimes 1975-1995

17 Février 2016 , Rédigé par Fabien Publié dans #Degustations

Les vins dégustés

Les vins dégustés

Jeudi 28 janvier 2016, Damien nous a conviés à une très belle dégustation à l'aveugle.

Le thème imposé par celui-ci : LES VIEUX MILLESIMES

Les participants : Damien, Santo, Stefano, Philippe, Marc et moi-même.

En guise d'apéritif et afin d'éveiller nos papilles, un superbe assemblage blanc puissant et aromatique est servi.

 

Grand' Cour Blanc 2010 - Kerner Sauvignon - Pellegrin - Genève

On le sait, Damien adore Pellegrin et il a raison, parce que c'est bon ! Et quand c'est bon, il faut aussi savoir le dire et reconnaitre la patte de ce vigneron. Nous avions déjà été agréablement surpris en rouge par le "S" de Pellegrin lors de la soirée organisée autour de la Syrah.

Ce blanc est extrêmement bien construit. Tout y est. À commencer par son nez flatteur qui invite à la dégustation. En bouche, il y a de la matière et du fruit, mais pas seulement. Une acidité soutenue accompagne le vin de l'attaque à la finale.

Pour information, le Kerner est un cépage issu d'une hybridation de Riesling et de Trolinger.

Domaine Grand'Cour Jean-Pierre Pellegrin - Genève

Domaine Grand'Cour Jean-Pierre Pellegrin - Genève

Confortablement installés autour de la magnifique table que Damien a préparée, nous sommes prêts à recevoir nos vieillots, non sans une certaine anxiété, vu les nombreuses déceptions essuyées lors d'ouverture de vieux millésimes...

Mais je vais tuer le suspens de suite, la dégustation a été exceptionnelle. Des vieillots en pleine forme !!! Aucun des six vins dégustés n'a souffert du temps. Les notes ont été élevées mais à la hauteur du plaisir. Majoritairement, les vins se sont présentés avec des robes rouges profondes et évoluées. Les nez ont dégagé de splendides arômes tertiaires de terre, de cuir, de tabac, de café, de champignon, de truffe, de sous-bois et j'en passe...tout ce qu'on aime.

La superbe table d'hôtes

La superbe table d'hôtes

Voici les vins dégustés lors de cette incroyable soirée, honneur au vainqueur !

 

Château de Pibarnon 1990 - Bandol

95% Mourvèdre, 5% Grenache

Belle victoire du pirate apporté par Philippe. Ce vin m'a dérouté. J'étais persuadé d'être à Bordeaux. Un nez très aromatique et puissant dominé par les fruits noirs et les épices. Une bouche gourmande dotée d'une grande finesse et une finale très persistante. Un grand vin à maturité qui pourrait sans soucis tenir encore quelques années.

La famille de Saint Victor mène, depuis plus de 30 ans, sur ce terroir exceptionnel, une aventure humaine qui a permis à Pibarnon de se hisser parmi les plus grands vins de France. Les vignes dominent la vallée, à quelques encablures de la mer, accrochées de restanques en restanques, jusqu'à 300 m d'altitude, sur ces pentes formant un vaste cirque à l'abri du mistral. L'altitude élevée du vignoble vaut des nuits fraîches et une maturation lente des raisins. Le vignoble est planté sur un sol triasique très ancien, caractérisé par un taux de calcaire très élevé. Ce calcaire favorise l'apparition des bouquets dans les vins, et permet l'extraction de tannins très fins et élégants. En outre c'est lui qui est à l'origine de la fraîcheur et la minéralité, donnant une race exemplaire.

Le 1990 est devenu un de nos plus grands vins, atteignant une complexité et une finesse absolument somptueuses.

Château de Pibarnon

Château de Pibarnon 1990 et ses fabuleuses vignes

Château de Pibarnon 1990 et ses fabuleuses vignes

Château Léoville Las Cases 1988 - Saint-Julien - Bordeaux

2ème Cru Classé

62% Cabernet Sauvignon, 25% Merlot, 10% Cabernet Franc, 3% Petit Verdot

Un bon vieux bordeaux comme on les aime, merci Stefano ! Ce Léoville Las Cases 1988 affiche au nez une jeunesse insolente et en bouche, une précision chirurgicale. J'avais pourtant déjà dégusté ce vin deux fois (août 2014) mais là, impossible de le reconnaitre. Une robe profonde et évoluée, un nez aux arômes d'épices et de tabac, une bouche suave et des tanins fondus, un joli nectar.

Qualifié de "remarquable" par Robert Parker qui le note 92/100, je pense qu'il pourrait même rester à ce niveau encore trois ou quatre ans.

Château Léoville Las Cases 1988

Château Léoville Las Cases 1988

Château Canon 1982 - Saint-Emilion - Bordeaux

1er Grand Cru Classé

55% Merlot, 45% Cabernet Sauvignon

La troisième place pour la bouteille apportée par Damien. Âgé de 34 ans, ce vin aurait pu finir deuxième si Marc ne l'avait pas taillé. Un nez enivrant, une bouche structurée, puissante et concentrée et une finale très persistante, des atouts qui ne peuvent que nous transporter.

Canon bénéficie d'une situation splendide sur le versant sud-ouest de l'appellation. Dans les années 80, ce vin a souvent atteint un niveau comparable, voire supérieur, à Cheval Blanc ou Ausone. C'est dire la pépite que Damien a partagée avec ce 1982 noté 94/100 par Robert Parker !

A Saint-Emilion, le millésime exceptionnel 1982 évolue très lentement. Après s'être défaits du gras de leur petite enfance, les vins présentent aujourd'hui une texture plus serrée et plus massive, mais aussi plus structurée et plus tannique. Les vins sont grandioses.

Petite anecdote qui va vous faire sourire... Le prix moyen de la caisse (oui la caisse) de Château Canon 1982 était de 525 francs français, ce qui fait 76 euros. Sur le site Arvi.ch, la bouteille se vend aujourd'hui à 240 francs suisses.

http://www.arvi.ch/wine_details.aspx?id=1286&vintage=1982

Prudence pour les amateurs qui souhaiteraient acquérir des bouteilles de 1982 : en effet, de nombreuses contrefaçons ont envahi le marché, notamment de Petrus, Lafleur, Le Pin, Cheval Blanc et des premiers crus classés.

Château Canon 1982

Château Canon 1982

Incontestablement le Canon le plus concentré que je connaisse
Robert Parker (septembre 1995)

Château Lynch-Moussas 1995 - Pauillac - Bordeaux

5ème Cru Classé

65% Cabernet Sauvignon, 30% Merlot, 5% Cabernet Franc

Très jolie surprise que ce Lynch-Moussas apporté par Marc que je n'avais jamais dégusté. Un superbe Pauillac au top de sa forme. Légèrement moins évolué que les précédents vins, normal vu la différence d'âge, il libère de beaux arômes épicés et de cassis. La bouche est ample et tannique avec une excellente structure. Certainement le vin le moins côté de la soirée (86/100 Robert Parker) qui pourtant se place à une très belle quatrième place.

Propriété depuis le 18ième siècle du Comte LYNCH à Pauillac, jusqu’à sa division en deux, Lynch-Moussas et Lynch-Bages, Lynch-Moussas en garde la demeure, une grande partie des terres et des vignes. Cette grande propriété de plus de deux cents hectares, sera reconnue par la classification de 1855 comme Grand Cru Classé.

Acheté par Jean CASTEJA en 1919, alors aussi propriétaire de Duhart-Milon, propriété historique de la famille, Lynch-Moussas continua sa route jusqu’en 1969, date à laquelle il fut racheté par Emile CASTEJA à ses frères. Une page se tourne alors et la propriété se trouve transformée, vignoble renouvelé, chais et cuviers reconstruits, Lynch-Moussas revient dans le monde moderne.

Château Lynch-Moussas 1995

Château Lynch-Moussas 1995

Château Ducru-Beaucaillou 1975 - Saint-Julien - Bordeaux

2ème Cru Classé

65% Cabernet Sauvignon, 25% Merlot, 5% Cabernet Franc, 5% Petit Verdot

Cinquième place pour mon vin, l'ainé de la soirée. Difficile d'imagnier que ce vin a plus de 40 ans. Bien sûr que les années sont là, mais ce vin fin est loin d'être mort. Il tient parfaitement la distance avec ses adversaires mais il a manqué de complexité et de profondeur pour aller titiller le haut du classement.

Noté 87+ par Robert Parker qui ne l'a jamais vraiment apprécié à cause de son austérité et ses tanins.

La qualité du millésime 1975 est très inégale. Il semblerait qu'au vu des conditions climatiques, le Cabernet Sauvignon aurait dû être vendangé plus tard ce qui a eu pour effet  d'exacerber le côté dur et astringent des tannins.

Château Ducru-Beaucaillou 1975

Château Ducru-Beaucaillou 1975

Château La Lagune 1989 - Haut-Médoc - Bordeaux

3ème Cru Classé

50% Cabernet Sauvignon, 20% Merlot, 20% Cabernet franc, 10% Petit Verdot

Quel dommage pour ce vin et son propriétaire Santo que de terminer à la sixième et dernière place. Pour moi, il ne méritait clairement pas d'être noté de la sorte.

A la dégustation, c'est pour moi, le nez le plus jeune, gourmand et fruité de la soirée. D'ailleurs, je pensais que c'était le Pibarnon !

Pour de nombreux dégustateurs autour de la table, il dégage un arôme de lait qui déplait. D'ailleurs c'est son propre propriétaire qui lui mettra la moins bonne note. Nul doute que je le dégusterai à nouveau tout prochainement.

Robert Parker attribut un joli 90/100 à ce cru qu'il a toujours apprécié.

Les vins sont souvents qualifiés de riche, profond et solide, avec parfois un bouquet dominé par la cerise noire et le chêne vanillé. Il atteint ordinairement sa pleine maturité vers sa dixième année, mais il peut se garder 15 à 20 ans.

Le Château La Lagune est le seul vin du Haut-Médoc à avoir été classé 3ème Grand Cru en 1855. C'est aussi le premier château dont la direction ait été confiée, en 1964, à une femme, Jeanne Boyrie.

Le Château a été racheté par le groupe Frey (1999), également propriétaire de Jaboulet en Vallée du Rhône et producteur de l'Hermitage La Chapelle. C'est Caroline Frey qui le dirige actuellement.

Ci-dessous, un portrait très intéressant du magazine Bilan sur Caroline Frey.

Château La Lagune 1989

Château La Lagune 1989

Bonus

Château Pape Clément 1989 - Pessac-Léognan - Bordeaux

Grand Cru Classé

60% Cabernet Sauvignon, 30% Merlot, 10% Cabernet Franc

Afin de rester en harmonie avec les vins dégustés, Damien nous gratifie d'un des plus ancien Grand Cru Classé de Bordeaux sur le millésime 1989.

Difficile de savoir où il se serait classé ce soir, mais il s'est tout aussi bien gouté que l'ensemble des vins sans toutefois avoir la jeunesse du Léoville Las Cases 1988 ou encore la concentration du Canon 1982. Robert Parker le juge serré, avec un caractère maigre et austère, et des tannins astringeants. Il le note 87/100.

Son vignoble, dont les premières vendanges ont eu lieu en 1252, a été implanté au XIIIe siècle par Bertrand de Got, cadet d’une noble famille de la région de Bordeaux. Archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got est devenu Pape en 1305, sous le nom de Clément V. Le Château en tire son nom et son vin est devenu une icône.

Le domaine, qui appartient à Bernard Magrez, bénéficie des conseils de l’œnologue Michel Rolland. Ses vins rouges témoignent d'une qualité remarquable et expriment les notes fumées de leur terroir, avec des nuances vanillées.

 

Château Pape Clément 1989

Château Pape Clément 1989

Retrouvez de vieux millésimes sur :

Un immense merci à Damien pour son acceuil et sa grande générosité. Tout était parfait, de la charcuterie italienne à la lasagne maison en passant par la tarte aux pommes, un régal.

Mention spéciale à Santo pour s'être fait Hara-kiri en massacrant son propre vin et terminant de nouveau à la dernière place comme à la dégustation autour de la Syrah.

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Taurasi76 23/02/2016 16:41

Incroyable ces vins. Belle dégustation. Dommage Santi, ils ne comprennent pas tes vins :)